Depuis plus d’un siècle, le souci d’une approche historique guide l’interprète dans ses choix. Il y a près de cinquante ans l’on découvrait à Saint-Maximin les sonorités authentiques et surtout le style qui permettait enfin de comprendre la musique ancienne et d’en apprécier toutes les subtilités. Mais que jouait donc Forcade, organiste de Saint-Maximin à la fin du XVIIIe siècle ? Il devait recevoir les Journaux d’Orgue publiés par Beauvarlet, Benaut ou Lasceux. Cette musique, qualifiée de prétentieuse et d’une déconcertante médiocrité en 1941, retient maintenant notre attention et nécessite une lecture particulière de la partition. Sa trame squelettique demande à l’organiste une prise de risque plus ou moins grande selon son habileté à restituer de vrais Récits en taille ou Grands Choeurs. C’est ce que j’ai tenté avec ces Noëls, qui prennent alors une saveur toute particulière, que je trouve tour à tour flamboyante, pétillante ou émouvante, et que l’orgue d’Isnard transcende. P.B.